Manon
Royal Opéra House – 13h00
Manon, opéra en 5 actes de Jules Massenet, livret de Henri Meilhac et de Philippe Gille, d’après l'Abbé Antoine-François Prévost : L’histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut.
Crée à Paris, à l'opéra comique, le 19 janvier 1884.
85è représentation à Coven Garden et la 5 ieme dans cette production.
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Avec : Anna Netrebko (Manon), Vittorio Grigolo (Chevalier Des Grieux), Christof Fischesser (Le Comte Des Grieux), Guy de Mey (Guillot de Morfontaine), Russel Braun (Lescaut), Willam Shimell (De Brétigny), Simona Mihai (Poussette), Louise Innes (Javotte) , Kai Rüütel (Rosette), Lynton Black (Innkeeper).
Orchestre du Royal Opéra House, Direction : Antonio Pappano, Royal Opéra Chorus, chef des chœurs : Renato Balsadonna.
Mise en scène : Laurent Pelly, Costumes : Chantal Thomas, Lumières : Joël Adam, Chorégraphie : Lionel Hoche.
Coven Garden propose ici une nouvelle production de Manon confiée à Laurent Pelly en co-production avec Le Métropolitan Opéra de New-York, la Scala de Milan et le théâtre du Capitole de Toulouse. On peut rester perplexe sur l’avenir de l’art lyrique et plus particulièrement des metteurs en scène, lorsque 4 grandes maisons d’opéra sont en nécessité de se mettre ensemble pour une production somme toute assez simple, sans effet particulier, même si cela n’enlève rien au talent et au sens de la direction d’acteurs très élaborée de Laurent Pelly.
Seul le visuel du nid de Manon et Des Grieux au début du second acte présente une réelle élaboration scénique. Les autres tableaux, faisant néanmoins preuve d’une bonne efficacité, restent assez sommaires.
On aurait aimé un acte du Cours-La-Reine un peu plus fouillé, peut être un travail des allées inclinées d’accès, plus sophistiquées aurait il suffit ? On regrette un hôtel de Transylvanie, sinistre, éclairé aux néons blafards, dont on ne croit pas qu’ils existaient ainsi à l’époque.
Toute la production se déroule dans une lumière assez blanche envoyée des cintres, dans un camaïeu de couleurs noires/grises pour les hommes et de blancs à rose pâle pour les femmes, hormis la robe fuschia de Manon au 4ième acte.
L’action est transposée dans une fin 19° siècle où tous les hommes sont en frac noirs, canne et chapeau haut de forme, et les femmes en jupes et corsets avec une tournure finissante de second empire.
Musicalement, Antonio Pappano est tout à fait dans le ton et insufle à l’orchestre et au plateau, ce je ne sais quoi de français, indispensable à l’œuvre. Le cast est superbe. Anna Netrebko a l’intelligence d’un peu de retenue au premier acte qui lui permet de faire croire à la jeune fille de seize ans qui en est à son premier voyage. La voix est ronde, les aigus maîtrisés, la diction parfaite. Elle propose un air de la table parfaitement senti, la chambre ouverte sur l’extérieure, permet une subtile distanciation avec la table où nombre de ses devancières restent invariablement accorchées.
On retrouve Grigolo avec impatience après son Rodolfo d’Orange, l’an passé. Celui- là profite un peu partout des forfaits de Villazon pour s’imposer comme le nouveau ténor incontournable. La vois est ensoleillée, peut être un peu trop italienne, l’engagement est sincère. Il reproduit à l’envie sa marque de fabrique d’entrer sur scène en courant : au premier acte, normal, il est en retard et vient de rater le coche, l’effet est moins sur à St Sulpice où la remontée de la nef au pas de charge ne s’impose pas.
Les seconds rôles sont bien campés, autorité du père, fatuité et drôlerie de Guillot de Morfontaine que Guy de Mey présente à la manière du dindon faisant la roue.
Et puis il y a le célébrissime rideau rouge....
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