aparté

samedi 14 janvier 2012

Hommage à Rosy Varte

rosy varteUne grande dame du théâtre nous a quitté : Rosy Varte d'origienne arménienne, née en Turquie : Nevarte Manouélian est partie à 88 ans d'une banale bronchite qui a dégénéré. On ne dit jamais assez comment les affections pulmonaires sont dangereuses pour les personnes âgées ....

Membre du TNP de Jean Vilar, elle a conduit de front une carrière au théâtre et au cinéma des années 1950 à 2000 environ, en ajoutant vers 70/80 des téléfilms, des pièces filmées et surtout de 84  à 92 la série télé Maguy qui lui a valu  une énorme popularité.

 

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dimanche 8 janvier 2012

la Bohème

bohème marseilleOpéra de Marseille – 14h30

Opéra en 4 acte de Giacomo Puccini, livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après le roman Scènes de la vie de Bohème d’Henri Murger. Création à Turin, Téatro Régio le 1er février 1896, dernière représentation à l’opéra de Marseille le 6 février 2003.

 Avec : Nathalie Manfrino (Mimi), Gabrielle Philiponet (Musetta), Ricardo Bernal (Rodolfo), Marc Barrard (Marcello), Nicolas Courjal (Colline), Igor Gnidii (Schaunard), François Castel (Benoit), Parpignol (Wilfried Tissot). Orchestre et chœurs de l’Opéra de Marseille, Direction musicale : Mark Shanahan, chef du chœur : Pierre Lodice, Mise en scène : Jean Louis Pichon, Décors : Alexandre Heyraud, Costumes : Frédéric Pineau, Lumières : Michel Theuil  (Coproduction de l’opéra de Monte-Carlo, de l’opéra théâtre de St Etienne et l’opéra royal de Wallonie).

Si nous avons choisi de faire au long de la saison, le déplacement à l’opéra de Marseille, c’est qu’outre la programmation alléchante, nous étions quasi certains d’y trouver des présentations sinon très inventives, du moins jolies, efficaces et cohérentes. Cette « Bohème » de Jean Louis Pichon ne faillit pas à la règle. Un joli visuel des toits de Paris forme le praticable unique  qui, moyennant quelques accessoires forment tour à tour la chambre, le café Momus et la barrière d’octroi. Le tout est présenté dans des camaïeux de gris, sauf le café Momus qui se saisit de l’occasion d’une débauche de couleurs vives (robes des femmes, redingotes des garçons dans des tons assortis), les toits mêmes qui s’illuminent. Musetta au point culminant du dispositif, sur fond de Sacré-cœur, va descendre un grand escalier imaginaire pendant sa valse, telle une meneuse de revue.

Une mention aussi pour les lumières de Michel Theuil. Le final est un émouvant tableau où Mini va mourir dans un halo de pâle lumière jaune pendant que la mansarde est plongée dans la pénombre, hormis une bougie à la table de travail et qu’un ciel noir et tourmenté domine  la scène.

On aurait aimé une direction musicale un peu plus « ferme ». Cela occasionne pas mal de décalages dans les ensembles notamment : les chahuts dans la chambre 1er et 4eme actes et le chœur du café Momus dont la joyeuse bouillie qui nous est servie n’est sans doute pas seulement une demande du metteur en scène.

Vocalement le plateau est homogène, séduisant, crédible. Ricardo Bernal offre des aigus solides et projetés, projection que malheureusement il a du mal à assurer de la même façon dans le médium et le grave. Nathalie Manfrino a peut être déjà la voix un peu lourde pour le rôle. Elle allège au maximum mais en diminuant le volume, elle minaude un peu dans son air d’entrée. Elle offre cependant de jolis instants à la barrière d’enfer en particulier.

Les autres rôles sont bien campés, Marcel sensible et pataud, Schaunard bondissant comme un lutin, Colline sobre et élégant, on aurait aimé un peu plus de patos dans l’air de la houppelande.

On sort les yeux un peu humide, et il ne faut pas autre chose dans la Bohème.boheme 2

 

 

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samedi 7 janvier 2012

La Traviata

Traviata-Pascal-Victor-ArtcomartAuditorium de Dijon – 20h00

Opéra en 4 actes de Giuseppe Verdi, Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas Fils. Création au Teatro La Fénice de Venise le 6 mars 1853.

Avec : Irina Lungu (Violetta Valéry), Jesus Léon (Alfredo Germont), Dimitris Tiliakos (Giorgo Germont), Silvia de la Muela (Flora Bervoix), Annne Mason (Annina), Manuel Nunez Camelino (Gaston), Laurant Alvaro (Le Baron), Jean-Gabriel Saint-Martin (D’orbigny), Maurizio Lo Piccolo (Docteur Grenvil).

Orchestre Dijon Bourgogne, Chœur de l’opéra de Dijon et Estonian Philharmonic Choir, Direction Musicale : Roberto Rizzi Brignli, Mise en scène : Jean François Sivadier

On ne peut pas dire qu’il n y a pas de direction d’acteurs, ni de décors dans cette Traviata là, mais plutôt des ambiances qui évoluent d’un tableau à l’autre. On reste cependant un peu agacé de ce misérabilisme ambiant où nous plongeons régulièrement les mises en scène revisitées ou dépoussiérées. Sur un plateau quasi vide, mur de fond de scène en briques peintes en bleu marine, il faut sans doute imaginer une arrière salle de bouge newyorkais, animée au cours de l’action par des toiles peintes qui montent et qui descendent en dessinant les espaces. Le principe d’ailleurs est que la plupart montent du sol et s’y replient ensuite.

Des lustres à pampilles montent et descendent également et sont la seule concession au luxe "Second Empire" que la vision des Zefirelli et autres Callas nous ont donné à voir. On est là plutôt dans une atmosphère décadente et fellinienne, Violetta est ouvertement vulgaire et provocante, plus Esméralda qu’élégante demi-mondaine.

Le dernier acte est un modèle de dépouillement. Sur l’immense plateau 2 chaises et un oreiller. On a craint que Violetta ne meurt debout (on a déjà vu une Mimi mourir assise, on n’est plus à une énormité près). Dans ces conditions, il vaut mieux envisager une version concert. On économise le coût de la mise en scène et on peut baisser le prix des places. 

Irina Lungu annoncée en méforme, tire honnêtement son épingle du jeu, malgré des aigus un peu tendus (le contre mi du grand air) et des pianissimi un peu incertains, dus sans doute aux difficultés de contrôler correctement le passage de l’air. Jésus Léon est un mystère, la voix est globalement sourde et un peu voilée et de temps en temps quelques aigus rayonnants sortent et illuminent la scène. Le plateau est sans doute sonorisé, coment aurait il fait autrement ?

Au bout de compte, il n y a pas d’émotion, peu de tension dramatique. C’est dommage avec tout le travail sans doute accompli.

 

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jeudi 5 janvier 2012

Colette la vagabonde

colette affichePetit Théâtre Hébertot – 21h00

Colette la Vagabonde, adaptation et mise en scène : Jean Pierre Hané, Avec Paule Noëlle (Colette) et Aurélien Legrand (). Scénographie : Jutta Vielhaber, Costumes : Pascale Bordet, Lumière François-Eric Valentin.

33 villes en 33 jours, c’est le périple souvent répétée de Colette entre 1906 et 1912, quand tentée par l’aventure du théâtre et du music-hall, elle part sillonner les routes de France.

C’est ce périple auquel nous convie Paule Noëlle qui fait revivre Colette, vagabonde, itinérante, femme libre, nous faisons partager son intimité et ses libertinages. Le plaisir de redécouvrir le talent et la plume de cette grande femme de lettres. Autour d’un ingénieux dispositif de bagages qu’Aurélien Legrand, factotum et confident dispose à l’envie pour former la loge, le salon de repos, la cour de la gare, Colette se livre et se raconte : galerie de personnages drôles pétillants.colette 1

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mercredi 21 décembre 2011

Ravel, Saint-Saens, Poulenc, Bizet

labequeThéâtre des Champs Elysées - 20h00

  • Georges Bizet, Extraits de l'Arlésienne, Création le 1er octobre 1872 au théâtre Vaudeville à Paris, suite de 6 pièces : Prélude, Mélodrame 9, Entracte IV, Mélodrame 17, Andante Moderato, Farandole.
  • Francis Poulenc, Concerto pour deux pianos, création le 5 septembre 1932 à Venise
  • Camille Saint-Saens, Le carnaval des animaux, Création le 9 mars 1886 à Paris, suite de 14 pièces : Indroduction, Marche Royale du Lion, Poules et coqs, Hemiones, Tortues, l'Elephant, Kangourous, Aquarium, Personnages à longues oreilles, Le coucou au fond des bois, Volière, Pianistes, Fossiles, Le cygne, Finale.
  • Maurcie Ravel, Suite d'orchestre Ma mère l'Oye, création le 28 janvier 1912 au théâtre des Arts à Paris, Suite de 5 pièces : Pavane de la belle au bois dormant, Petit Poucet, Laideronnette impératrice des Pagodes, Les entretiens de la Belle et de la Bête, Le jardin féerique.

Ensemble Orchestral de Paris : direction Louis Langrée. Pianos : Katia et Marielle Labèque. Récitant : Grand Corps Malade.

Pas tout à fait un concert de Noël, mais le programme de ce soir avait un air de légèreté qui pouvait tromper. Le théâtre était aussi plein à craquer, l'affiche où se côtoient les soeurs Labèque et Grand Corps Malade, était sans doute une puissante publicité.

Les soeurs Labèque sont à la musique, ce que les frères Bogdanov sont à la science : des "onvi", improbables" et talentueuses.

Le concerto pour 2 pianos de Poulenc offre le spectacle des débordements habituelles de Katia. Influence de Stravinsky au premier mouvement, de Mozart au second, de Gershwin enfin, références chères au compositeur dans un style très "années trente", le concerto eut pour genèse une commande de la princesse de Polignac qui souhaitait un concerto ayant "plus de poids".

La soirée se poursuit avec le carnaval des animaux surnommée "Grande fantaisie zoologique", acerbe galerie de portraits : mondains, incultes, snobs, vieux fossiles réactionnaires. C'est Grand Corps Malade qui prête sa voix aux petits textes d'introduction que Françis Blanche s'est plu à écrire, il y a quelques années. Voix de slameur étonnante dans ce lieu classique, voix grave, parfaitement distincte de "comédie française". En poète accompli, il y glisse même un clin d'oeil à Marie Agnès Gillot en prélude à la mort du Cygne.gcm

Les pièces qui entournent ces deux sommets ne sont pas à la même hauteur : une suite de l'arlésienne, terne et peu ensoleillée malgré le tambourin, une "Ma Mère L'Oye que Ravel aurait sans doute voulu aussi plus chatoyante.

 

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samedi 17 décembre 2011

Virtuosi Paraphrases d'Opéra

yanoGrand Théâtre de Dijon - 20h00

  • Marc-Olivier Dupin (1954-), Variation sur la Traviata
  • Franz Liszt (1811-1886), Paraphrase sur Rigoletto, Miserere dal Trouvere di Verdi
  • Heinrich Wilhelem Ernst (1812-1865), Fantaisie brillante sur la marche et la Romance d'Othello de Rossini op 11.
  • Antionio Bazzini (1818-1897), Fantasia su motivi della Traviata op 50.
  • Nicolo Paganini (1782-1840), I Palpiti op 13

Avec : Ryoko Yanno : violon, Théo Fouchenneret : piano

Dans un salle hélas clairsemée (au bas mot 200 personnes pour une jauge de 800 places), heureusement nous n'étions pas à l'auditorium. L'idée est intéressante de regrouper les les propositions originales de paraphrases 19°/20° siècle aux cotés de celles plus connues de Liszt. Passé l'ouverture d'une pièce de Dupin, dont les variations limitées laissent un peu sur sa faim, l'accompagnateur devient soliste dans la paraphrase de Rigoletto de Liszt : Tout est en place là, l'age bride cependant un peu ce jeune prodige, le prive de ce brin d'extraversion pour que ce soit parfait. Le Miserere du Trouvère, joué en seconde partie donne la même exaltation. Théo Fouchenneret est déjà l'étoffe des grands.

Heinrich Wilhelm Ernst n'est pas passé à la postérité. Elève de Paganini, sa Fantaisie brillante sur la marche et la romance d'Otello, de Rossini, est un joli moment. Raffinée, extrêmement virtuose, sans affectation ni sentimentalité, elle donne à l'ariste la possibilité de traits d'un époustouflante virtuosité.

La production de Bazzini ne s'est pas limitée à la Ronde des lutins, bis incontournable de tous les grands violonistes, sa Fantaisie sur des motifs de La Traviata dans la même veine d'une écriture très soignée et toujours virtuose, est bienvenue dans un tel programme.

Enfin, point d'orgue de ce récital, l'Introduction et variations sur « I tanti palpiti » de Paganini d'après le Tancrède de Rossini : Ryaho Yano, premier violon de l'orchestre de Douai, issue des écoles des virtuoses asiatiques. Elle a la technique prodigieuse requise pour cette pièce . Son I Palpiti vous emporte dans des rythmes effrénés du prodigieux Paganini. Avec une parfaite aisance, et un bonheur de jouer manifestes, Ryoko Yano confirme sa grande classe dans ce feu d'artifice final.foucheneret

 

 

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jeudi 24 novembre 2011

Le Ribouldingue

ribouldingue-180x180Ce fut une bonne surprise...

Je suis loin d'être un fan des abats, mais il est un plat pour lequel je me damnerai (mais si, mais si !!) le ris de veau. Merci donc au figaroscope qui dans une rubrique : Dix plats, dix lieux propose où manger les meilleurs "sushi, tourteau, quenelles, entrecôte, soufflé et bien sur ris de veau, et a présenté le Ribouldingue, à mon sens un peu trop sur un thème du bistrot tripier.

La salle est d'une sobre élégance, boiseries cérusées aux murs, nappes blanches, un service affable et efficace. Le menu carte est à 32 euros avec entrée, plat, fromage ou dessert. Juste un petit bémol, un peu trop de suppléments dont certains sont assez élevés, mais quant on aime, on ne compte pas !!!  (trop). Entrées et plats se partagent entre suggestions classiques et propositions "triperie". Ainsi ce fut une magnifique terrine de foie de volaille, le fameux ris de veau grillé et un dessert tout en amertume : glace gentiane, pamplemousse rose et gelée de campari, avec un Arbois chardonnay/savagnin qui offrait un parfait accord mets/vin.

Le tout porte l'addition à 65 euros/personne mais même à ce prix là, on est conquis....

Le ribouldingue, 10 rue St Julien le pauvre à Paris 5°,Tel : 01.46.33.98.80, il est prudent de réserver, les deux salles comptent à peine une douzaine de tables en tout....

 

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mercredi 23 novembre 2011

Hommage à Montserrat Figueras

1608772_3_abff_la-soprano-espagnole-montserrat-figueras-lorsLa soprano espagnole Montserrat Figueras vient de mourrir à 69 ans des suites d'un cancer à Barcelone. Epouse de Jordi Savall dont elle partageait le goût musical et les grandes qualités artistiques, cette soprano aux allures de Joan Baez a revisité et enseigné avec conviction le répertoire de la musique baroque espagnole.

Son dernier concert, en France, aura été donné à Conques (Aude), cet été. A Narbonne, quelques jours plus tôt, elle présentait son ultime programme, attendu par le public fervent et fourni de l'abbaye de Fontfroide où, depuis six ans, Montserrat Figueras et son époux organisaient une série annuelle de concerts estivaux.

Renaud Machart se remémore la dernière fois qu'il aura entendu Montserrat Figueras à Paris, début juin, dans le cadre merveilleux du palais de Béhague, où est sise l'ambassade de Roumanie. Dans la salle byzantine de ce lieu méconnu, la soprano semblait dans une forme époustouflante. Il se souvient avoir pensé, en l'entendant dans l'acoustique un peu large de cet édifice, à la définition de la musique que livrait joliment le compositeur Ferruccio Busoni : "De l'air sonore".

Le regard que portaient Montserrat et son époux l'un sur l'autre, pendant les concerts, était toujours saisissant. On en avait été frappé, plus que jamais, au palais de Béhague, en juin, sans rien savoir des raisons pour lesquelles le gambiste regardait et écoutait avec tant de tendresse admirative son épouse. Nul doute que, alors, il admirait aussi la beauté de son courage.

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